top of page

Espace Paul Rebeyrolle

Espace Paul Reyberolle

Eymoutiers (87)

21 juin - 1er novembre 2026

Solo show

Contempler le travail de Kouka, c’est entrer dans une cohérence rare, presque troublante.

Son trait est brut, immédiat, presque instinctif mais toujours guidé par une pensée profonde, une conscience aiguë de ce qu’il cherche. Il ne peint pas pour représenter, il peint pour comprendre. Et peut-être aussi pour se souvenir, peut-être même pour honorer une forme d’universalité enfouie en chacun de nous.


Au commencement, il y a eu les guerriers bantus. Ces silhouettes dressées comme des présences nous racontaient les Mémoires des Civilisations. Cette histoire venue d’une autre époque était plus vaste que l’individu et plus ancienne que les frontières.

Le guerrier de Kouka n’est pas une figure de conquête. Il est un gardien. Gardien d’une origine commune, d’une humanité partagée. Il nous regarde, parfois nous tourne le dos, mais il nous oblige toujours à nous situer. Qui sommes-nous, dans ce monde en mouvement ? D’où venons-nous ? Que reste-t-il de cette part essentielle que nous portons tous en nous ?


Cette même question traverse ses Vénus.

Figures de femmes, souvent enceintes, elles apparaissent comme des évidences silencieuses. Là où le guerrier protège, la Vénus engendre. Elle est le commencement, le berceau, la matrice.

Dans ces corps, il n’y a ni idéalisation ni détour. Il y a la puissance nue du vivant. Kouka y célèbre une force universelle : celle de donner la vie, de porter en soi l’origine de tout. Une origine qui dépasse les cultures, les époques, les distinctions.

Ces figures prolongent, autrement, une réflexion ancienne sur la représentation. Là où l’histoire de l’Art a parfois assigné des rôles, hiérarchisé les corps et les regards, Kouka revient à l’essentiel : une humanité commune, incarnée, universelle.


Et puis, il y a eu la forêt ...

Comme un glissement. Ou peut-être comme un retour.

Les paysages de Kouka parlent le silence, ses arbres portent le bruissement de nos antériorités et de nos intériorités. Après avoir cherché l’Homme, Kouka est allé le retrouver dans ce qui le précède et le dépasse. Sa forêt devient alors un espace de réconciliation. Elle porte en elle la transmission et l’apaisement.

En écho à son grand-père, le peintre Francis Gruber, Kouka prolonge une filiation. Cet héritage n’est pas figé, il est vivant comme une conversation à travers le temps.

Dans ses arbres, il n’y a plus de confrontation mais une respiration, une présence diffuse, presque collective. L’humain et le vivant ne font plus qu’un.

Au bout de la quête, il ne reste que cela : une énergie, une lumière, une force de vie.


Kouka est un idéaliste.

Quand le monde devient trop sombre, le geste de Kouka produit de la lumière.

Ses oeuvres n’apportent pas de réponses. Elles rappellent simplement que nous venons tous de la même Origine. Et dans un monde où tout semble fragmenté, cette idée devient presque un acte de résistance.

Guerrier, Vénus, Forêt, il y a toujours cette même intention : nous ramener à ce qui est fragile et précieux à la fois, la vie…


Nadège Buffe

bottom of page